Lâcher la rampe

2020
09.03

Cinq ans. Il aura fallu cinq ans ; un appartement débordant des souvenirs de mes parents disparus, littéralement en travers de mon passage ; Un procès qui n’en finit pas pour récupérer encore plus de souvenirs ; Des travaux perpétuellement repoussés dans mon futur havre de paix ; La solitude de si peu d’amis autour de moi ; Et le départ de mon petit trésor. Cinq ans pour que je finisse enfin par m’effondrer.

Je l’appelais pourtant si souvent de mes voeux : Je rêvais de me retrouver enfermé, mais surtout coupé de toutes ces choses qui m’enfonçaient, croulant sous le poids de la folie de les avoir perdus. Et c’est arrivé. Une nuit, après une semaine plutôt paisible malgré le départ inattendu de mon aimée. Réalisant enfin ce que cela signifiait cette fois-ci : Qu’elle passait à autre chose, passait dans d’autres bras, passait de nouveau par ses turpitudes, qu’elle ne jugeait pas intimes, mais qui étaient si chères à mes yeux que je ne supportais pas qu’elles puissent être à vendre. Elle passait à autre chose, alors que je n’avais pas encore réalisé qu’elle était vraiment partie. Elle allait se vautrer dans sa sensualité qu’elle avait abandonné avec moi, et, naïf que j’étais de ne pas l’avoir vu, trouver aussi rapidement qu’elle m’avait trouvé moi de nouveaux bras à chérir. Comment ne pas avoir vu que ce que j’avais cru une histoire exceptionnelle n’était finalement pas plus qu’une jeune fille qui se cherche et croyait se trouver en moi, comme elle allait croire se trouver dans les suivants ?

Des appels désespérés, au milieu de la nuit, à tous qui de près ou de loin auraient encore pu m’écouter. Une recherche google pour trouver ceux qui écoutent quand on souffre. L’attente, le noeud au ventre, même à ce numéro, interminable. Raccrocher de ne pouvoir parler assez vite. Enfin quelqu’un qui rappelle, ensommeillée et impuissante devant mes hoquets de pleurs hurlants, puis une autre, tendre amie, qui m’accompagne jusque dans les brumes du néant réparateur, aidé d’un médicament. Le lendemain matin, une qui enfin comprend ; qui sait ; qui va venir, de loin, pour m’accompagner. Les sanglots qui viennent de ne plus avoir à porter ce poids. La journée qui défile. Ne plus être seul. La communion et des sourires arrachés. Les urgences. Raconter, dans le brouillard de mon esprit, la même histoire à de multiples oreilles. Mon visage ravagé par les cernes et la souffrance : « Vous faites plus vieux que votre âge ». L’ambulance. L’absurdité d’une conversation badine avec un accompagnant égocentré. Et enfin la fin du voyage, dans un lit d’hôpital, presqu’au petit matin.

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L’être à Lolly

2020
25.02

Salut toi. Tu ne me connais pas encore très bien. On s’est rencontré il y a plus de deux années. Mais pour toi cela ne fait que quelques semaines. Tu ne me connais pas encore très bien, mais toi et moi on sait qu’on est en train de tomber amoureux.

Deux ans et demi après, tu me manques. Je voudrais te dire que tu es quelqu’un de magique, et te remercier pour tous les magnifiques sourires que je vais voir fleurir sur ton visage. Tu ne le sais pas encore, mais chacun me fera te regarder avec une infinie tendresse. Tu verras si souvent ce regard que tu apprendras à le reconnaître dès l’apparition des petites ridules au coin de mes yeux.

Je voudrais te dire d’avoir confiance en toi. Je ne comprendrais sans doute jamais pourquoi derrière cette joie de vivre tu sembles un peu brisée. Pourquoi tu vas me dire plus tard qu’une fois de temps en temps, je devrais prendre une cravache, et te faire mal.

Tu ne sais pas encore que comme maître, je suis un bisounours. Que je paniquerais la première fois que nous jouerons à ce jeu.

Bien sûr, tu n’imagines pas que le besoin que j’ai déjà de te protéger va t’emprisonner. Pour l’instant, tu aimes mes grands bras qui t’enserrent.

De mon côté, quand tu me dis que tu as fait la pute, je souffre un peu, mais je mets ça sur le compte de la jeunesse et des découvertes stupides qu’on croit avoir à faire. Je suis loin d’imaginer que tu le feras dans mon dos. D’ailleurs, je ne pense pas que tu le saches encore. Quand nous faisons l’amour et que je te désigne par ce mot, je ne sais pas encore qu’il sera vrai, et que j’aurais l’impression d’en mourir.

C’est ironique tu vois mon jeune amour. Je t’aime parce que tu es une salope. Et je vais te perdre entre autres à cause de ça. Sincèrement, quand tu as commencé à me demander de ne garder mes sentiments que pour toi, en retour je pensais que tu serais ma salope à moi.

Je ne vais pas te mentir, adorée, deux ans après, je ne suis pas sûr de te reconnaître. Oh, rassure-toi, tu as gardé ton grand cœur. Mais moi qui espérais te guérir de tes peurs en t’offrant mon amour, j’ai l’impression que tu es encore plus perdue que quand tu es rentrée dans ma vie. Pourtant, on sait tous les deux que des risques, tu en avais déjà pris un peu trop.

Tu me manques, demoiselle. J’aimerais te rencontrer encore aujourd’hui. J’aimerais qu’il y ait moins de douleurs et d’erreurs dans ta vie. J’aurais aimé te protéger de ce qui flétri.

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Trois mois de trop…

2019
30.11

… presque jour pour jour. Je me souviens, c’était un dimanche, que je racontais le lendemain, complètement perdu. En trois mois, nous avions recollés les morceaux. Mon histoire avec toi, notre histoire, ça valait bien le coup. Trois mois d’abord difficiles, mais trois mois de sourires, trois mots de tous ces petits morceaux de vie qui faisaient qu’on était nous. Te regarder suffisait à mon bonheur. Serein. Les jeux de mots, les mimiques, tous ces petites choses éparpillées qui font de deux amants des complices. Qui n’appartiennent qu’à nous.

Trois mois de concessions réciproques pour tenter de laisser la place à tes désirs de jeune fille. A lutter contre ma jalousie et mes peurs. A accepter que tu prennes un peu de large, pour le plaisir de te retrouver. A accepter celle que tu voulais être, et pas celle que je voulais que tu sois : C’est ça, l’amour, non ?

Trois mois aussi à tenter de retrouver ma confiance en toi. Trois mois à espionner tes comptes, parce que ta parole ne me suffisait plus. Parce que je voulais trouver la preuve formelle que tu ne mentirais plus.

Même quand tu t’es inscrite sur un site de putes (oui, les daddy’s girl, c’est des putes…), j’ai presque bien voulu croire que c’était par curiosité. Et puis, il n’a pas été compliqué de trouver tes accès, et de vérifier. C’est vrai que les échanges étaient anodins. Tu es belle, qu’est-ce que tu fais… Je te filerais 300 euros. Si ça pouvait te rassurer sur tes capacités de séduction de recevoir ce genre de messages… Je n’approuvais pas (qu’est-ce qu’un compliment dans ces conditions ?), mais j’acceptais.

J’avais pourtant été clair : D’autres hommes, pourquoi pas, de belles histoires en plus de la nôtre. De belles histoires, oui. Mais jamais, pitié, jamais qu’un homme puisse s’offrir tes charmes autrement que par les siens. Ce n’est pas que je méprise les putes. Plutôt que je ne voulais pas te savoir te frotter à des hommes qui payent.

Tu n’as pas été assez attentive… Un message suspect que tu n’as pas effacé. Un échange provoqué de sms, où ce n’est pas toi, mais moi, qui répond. Tu l’as fait. Ton cul pour de l’argent. Un client que tu as laissé te filmer, en plus. Ne t’avais-je pourtant pas dit qu’il fallait faire attention à ton image ? Ne nous sommes-nous pas tous les deux déjà retrouvés à porter plainte à cause d’un homme qui a jugé que ton image lui appartenait après un échange intime ? Je pense à mes visites sur pornhub, et du jour où c’est ton cul que je vais voir passer. Ta tromperie pour l’éternité dans mes séances onanistes.

Comme si tu avais voulu être sure, absolument certaine, que ces trois mois seraient les derniers. Bien joué.

 

Voilà c’est fini

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Un matin brisé

2019
26.08

Se réveiller avec un noeud au ventre. L’envie de vomir. Un épisode de série. Je me lève, fais mon café, démarre l’ordinateur. Tout de suite, la chanson qui m’aide à pleurer depuis deux jours s’enclenche toute seule. Et les larmes coulent. Errer dans l’appartement en se demandant ce qui se passe, en se demandant pourquoi, croire trouver la réponse, pleurer encore. Se mettre à mon clavier, pour écrire, figer, comprendre, te dire, me rappeler.

Une petite semaine. Durant laquelle, perdue, tu m’as menti sur les messages que tu échanges avec d’autres hommes que moi. Cela m’a toujours fait du mal. Je t’ai toujours refusé cette porte. Pourquoi, pourtant ? Je ne doutais pas de ton amour. Nous étions tous deux ouverts à ce type d’aventures en dehors de nous. Mais tu voyais bien qu’il y avait toujours un problème avec ces autres hommes, que je finissais toujours par réussir à te dissuader de rencontrer.

Ce vendredi, je découvre que cela s’est encore produit. J’avais compris que tu t’éloignes. Je t’avais demandé de ne rester que mienne, même virtuellement. Tu ne pouvais pas. Je vais tellement loin que tu lâches ces mots que tu n’avais jamais réussi à prononcer, je crois. C’était fini. La nuit fut courte, le sommeil long à venir avec toutes ces images de toi et d’autres qui me venaient.

Pourtant, le samedi, je commençais déjà mon deuil. Méthodique, je connais déjà tellement bien ce travail. Détailler, me raccrocher à tout ce qui n’allait pas depuis longtemps. Cette confiance que je n’ai jamais su t’accorder : Celle de te croire plus forte que le désir des hommes que j’exècre. Je me sens triste, je vois cette vie ensemble s’évanouir devant moi, mais, je ne sais comment, je suis debout. La fin est un chemin facile, parce qu’elle ne connait pas de doutes. Jusqu’à t’envoyer, le dimanche, un mail dans le but de te conforter, te montrer le cheminement qui t’a mené à ce choix, pour toi.

Mais comment cela pourrait-il vraiment être fini ? Les textos s’enchainent entre nous. Tu souffres. Je te dis qu’il y a encore une chance. Implicite, qu’elle existe encore tant que je ne saurais pas ton corps contre celui d’un autre. Et tu finis par me dire que j’ai raison. Que toi aussi, tu m’aimes, que tu veux encore cette vie ensemble. Et je panique. Soudain, je réalise que je ne sais plus rien. Aussitôt, tu te rebiffes, m’accuse de t’avoir manipulée, et je me rends compte avec horreur que cela pourrait être vrai. Je regarde impuissant tous mes repères qui sautent, les amarres qui s’en vont en réalisant que je pourrais être à ce point un monstre. Des flots de mots coulent de mes doigts vers toi depuis mon téléphone, tant de mots qui n’arrivent pas à cesser, alors que tu me dis de venir te voir.

Nous nous étreignons si fort, mon amour. Je suis encore une planche morte secouée par les flots. Des flots de mots. « L’ombre de ton chien », je refuse de poser les questions qui me brûlent, et incapable de voir plus loin que l’aube. L’un dans l’autre, je finis par accepter que tu me répondes. Un homme est déjà passé. Un homme d’aucune importance. Mon corps est pris de soubresauts sans larme quand je m’écrase contre ton dos. Il faut en passer par là. Toutes les douleurs passent, n’est-ce pas, il faut juste les affronter.

Je retrouve ton sourire. Je retrouve le mien. Quelques heures pendant lesquelles je peux te regarder en paix. Amoureux. Encore, nous faisons l’amour. C’est tellement beau. L’amour. La paix. Je sens l’épuisement me gagner en détaillant ton visage sur lequel passent des ombres. Ce n’est pas contre moi, dis-tu, mais tu veux dormir seule. J’espérais ce réveil à tes côtés, rêvais que ce serait comme avant, simple, et plutôt évident. Le chemin jusqu’à chez moi, les questions qui reviennent insidieuses, et le sommeil lourd.

Se réveiller avec un noeud au ventre. L’envie de vomir. Un épisode de série. Je me lève, fais mon café, démarre l’ordinateur. Tout de suite, la chanson qui m’aide à pleurer depuis deux jours s’enclenche toute seule. Et les larmes coulent. Errer dans l’appartement en se demandant ce qui se passe, en se demandant pourquoi, croire trouver la réponse, pleurer encore.

Cette nuit, j’ai retrouvé mon amour. Ce matin, je le sens qui s’échappe entre mes mains qui se serreraient si fort pour le retenir. L’idée d’un autre corps contre le tien. Si anodin. Si vain. Je vois mon âme couverte de cicatrices. Je sais, effaré, que ce ne sont pas tes actes, mais mes peurs qui me dévorent. Je les maudis, cette femme qui m’avait trahi déjà, tous ces abandons qui me décomposent. Je maudis le désir de ces hommes qui se racontaient, méprisants de toute la beauté qu’ils avaient eu la chance d’effleurer. Je me maudis moi d’être aussi faible et effrayé.

Je suis une planche morte secouée par les flots.

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A la dérive

2019
25.08

Je voulais tout affronter avec toi. Pour la première fois, je n’avais pas fui au premier doute. Pour la première fois, j’avais l’envie de tout traverser avec toi. Parce que j’ai fini par comprendre que l’amour n’était pas absolu. C’est un rivage, chaque vague nous transportant, nous ramenant, de hauts et de creux. Et ce rivage était enfin le mien.

Je savais que tu n’étais pas parfaite. Mais je voyais en toi tout ce qui m’était nécessaire. Des qualités présentes : Ton empathie, tes désirs, ta capacité à me comprendre et m’accepter, ton courage, ton enthousiasme face à la vie. Des qualités que je te voyais trouver en toi : La force de tout affronter. La volonté de le faire.

Tu étais mon amante, mon enfant, ma mère. Ma famille.

Et pourtant, j’avais tellement peur. Tu m’avais pourtant rassuré, ça ne se passerait pas comme avec les autres que j’avais aimées plus jeune, tu ne me quitterais pas pour enfin vivre ta vie. Tu ne ferais pas non plus comme moi, à fuir dès que le vent se lève. Cette vie à deux, que j’avais mis tant d’années a être capable de vivre, du haut de tes 18 ans, c’est ce que tu voulais.

J’ai mis du temps à t’user. Tu as mis du temps à te briser. Tu as même su dire qu’il fallait que tu te retires, quelque temps, de ton côté de la plage, juste à coté, parce que je sombrais, et que tu venais avec moi. Je t’ai demandé de ne pas partir trop loin.

Et pourtant. Toi aussi, mon amour, la soif du grand large t’a rattrapée. Je ne pourrais pas t’en blâmer, le soleil ne nous balayait plus depuis longtemps.

Mais quand on quitte la plage. On ne la retrouve jamais. Le sable se retire, mon amour. Tu savais pourtant les creux au-dessous de l’eau.

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