Quand tu danses

2016
18.11

Paroles et musique : Jean-Jacques Goldman

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Je me souviens

2016
24.10

Encore des morceaux de bonheur éparpillés, sur un week-end d’amoureux. Une semaine après, ces images envahissent encore mon esprit, me réveillant parfois la nuit plein de désirs frustrés.

Il y a d’abord cette première nuit, où tu te fais taquine alors que nous faisons l’amour : « Je t’avais dit que j’attendais le troisième rendez-vous », plaisantes-tu d’une voix fluette en amenant mon sexe contre ton sphincter. Je te découvre d’abord, et maintenant encore je sens ton cul palpiter au bout de mes doigts. Tu jouis très vite de mes hanches qui te percutent et de ta main qui t’accompagne.

Et puis cette autre nuit où tu sors tous tes jouets auxquels je joins les miens. C’est un charmant buffet qui s’étale sur le banc doublé de cuir à côté de ton lit. Je te déshabilles à côté de la table, et bande tes yeux pour que tu te laisses aller toute entière à la caresse des cordes que tu découvres pour la première fois. D’abord la faire filer entre tes jambes, effleurer ton sexe nu, puis l’entrelacer tout au long de tes flancs, resserrant à mesure l’étreinte contre ton ventre qui bientôt fait ressortir tes lèvres devenues rouges. Je ne peux m’empêcher de t’effleurer aussi, de venir prendre ta bouche, toucher un de tes seins tendus par le désir et le froid. Puis je libère tes yeux pour que tu puisses profiter du spectacle que m’offre ton corps ainsi habillé. Que tu es belle, si tu savais…

A quel instant dans toutes ces images qui me viennent mon cœur se gorge-t-il enfin d’un sentiment que je ne peux plus retenir ? A quel moment ma bouche ose l’aveu du bonheur absolu que tu m’offres pour te le faire partager ?

Dans la chambre, je t’attache de nouveau, d’une manière plus propice à des jeux plus poussés. Les bras noués dans ton dos, la poitrine enserrée, tu es bientôt à plat ventre tandis que j’immobilise tes pieds en l’air, écartant bien tes jambes. Une boule vient entre tes dents compléter ton abandon. Mes mains courent sur toi tandis que tu t’offres. Je prends le martinet que tu as mis à ma disposition, et le laisse aller et venir entre tes cuisses. Il vient caresser ton sexe, frapper tes fesses rebondies qui viennent à la rencontre de ce contact. Tu trépignes, gigotes quelque peu dans une tentative vaine d’échapper à la frappe, avant de la réclamer de nouveau.

Je glisse entre tes cuisses cet autre jouet dont la vibration peut presque être insupportable, le dirige sur ton clitoris. Je n’ai plus qu’à attendre que le plaisir t’envahisse. Parfois, je ne peux résister au fait de joindre ma bouche à cette caresse, dévorant de ma langue la petite étoile qui me nargue, ton sexe humide qui s’ouvre comme une jolie fleur. Quand l’orgasme te prend, je continue à te regarder et à t’écouter crier, la bouche encombrée de cette boule noire. Je m’enivre de regarder ta petite chatte rose ouverte se débattre dans le plaisir qu’elle t’offre. Des minutes entières se passent où tu jouis sans discontinuer. Combien de temps peux-tu donc crier comme cela sans redescendre ?

Je te détache, masse tes mains endolories, te prend contre moi pour que tu te calmes. Puis tu t’offres encore, à quatre pattes sur le bord du lit. Je vois tes fesses tendues de nouveau vers le martinet. Les lanières te caressent d’abord, puis s’abattent de leur propre poids sur ton derrière et sur ton dos qui se cambre. Je sais que tu me voudrais plus agressif, mais je n’arrive pas encore à te violenter, pris par les vagues de tendresse qui m’envahissent et me submergent. Plus tard, petit démon, je saurais te malmener autant que tu le souhaites. Je crois que nous nous retrouvons sur le côté, tête-bêche, le plaisir de ta bouche qui me capture, le bonheur de te dévorer encore, de te boire goulûment à la source. Impossible de me rappeler comment nous nous entremêlons, combien de caresses passent entre nos deux corps l’un contre l’autre. Je bénis qui voudra de ta peau douce, de ton désarmant sourire, de nos doigts qui s’entrecroisent, de tes yeux qui me noient… Mais je me rappelle de ton corps sous le mien, tes jambes écartées haut sur mes épaules, de tes mains qui encadrent mon visage, de nos bouches qui se mêlent, de ton regard plongé dans le mien tandis que mes reins te labourent. Mes mains rejoignent aussi tes joues, et c’est dans une frénésie étonnée que je jouis, les yeux ouverts sur ton visage qui me sourit.

Je me souviens de ton corps qui se love tendrement contre le mien, de nos lèvres qui se trouvent. De mes mains qui ne peuvent te quitter.

Je me souviens…

 

« […] je ferais des odes a ta chatte.
Adorable petit matou caché dans les plis de mon aimée,
Je me languis des jours où je peux te défoncer.
– ouuuh de la poésie ! »

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Faire ses adieux

2016
11.10

Cela faisait longtemps que je n’avais pas rêvé de toi, Maman. Et puis cette nuit, je t’ai retrouvée. Nous étions devant ce même ordinateur sur lequel j’écris, je crois. Va savoir ce que nous nous sommes dits, mais je me sentais plus conscient que je ne l’ai jamais été en songe. Je crois que c’était un rêve dans un rêve, et que dans le second, j’étais conscient de l’irréalité du premier.

Sans doute est-ce pour cela que j’ai l’impression d’avoir pu, enfin, te faire ces adieux apaisés que nous n’avons pas pu avoir. Les mots échangés m’échappent déjà, tu sais. Seule cette sensation poignante d’avoir parlé vrai m’habite. M’as-tu pardonné ? Sommes-nous vraiment apaisés ?

Par un procédé que j’ignore, tu étais là. Le fruit de ta présence en mon esprit ? J’aime à croire que quelque part, dans un endroit que je n’accepte même pas, ton essence a survécu. Et que tu as trouvé la paix que tu n’avais pas. Je te le jure, j’essayerais de la trouver, avant que l’aiguille ne tourne une fois de trop, pour moi aussi.

J’ai un chemin à suivre, Maman. Je sais que tu m’accompagneras tout le long de celui-ci. Et que mon père ne sera jamais loin pour me ramener dans le droit chemin.

Il y a encore ton odeur sur ta chemise de nuit. Hier soir, je m’en imprégnais encore.

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Infarctus

2016
20.07

On se rencontre. Me concernant, un peu à reculons. Mais je dois remettre le pied à l’étrier. Et puis on discute. Non, tu n’es pas sexy. Entre deux nuits dans un camion, remontant la côte Atlantique. Mais on parle, on parle, et puis le jour tombe, et on parle toujours. Alors on continue. L’heure avance, alors pourquoi pas, après tout ? On s’allonge l’un à côté de l’autre, nos lèvres se trouvent, et je suis amoureux. Pourquoi pas, après tout. Ecouter ces sensations sans réfléchir.

C’est la porte que tu m’as ouverte. Ecouter mes sensations, mes sentiments, sans m’interroger sur leur provenance, leur utilité, leur chemin. Les écouter d’où qu’elles viennent, les écouter même si elles sont multiples, envers et contre tout. Ca durera, ca ne durera pas, peu importe, puisque l’important, c’est que nous nous rencontrions dans ces replis de cœur qui sont les seuls ornements qui valent.

Mais j’avais oublié. Que ce n’est pas le chemin des autres. Et surtout, que les chemins qui se séparent, pour les autres, ce sont les cœurs qui se déchirent.

Depuis toi, elles ont été nombreuses, celles qui ont su faire vibrer mon cœur. Une après l’autre, une pendant l’autre, peu importe, mais l’attachement, soudain, inattendu, évident. Pour un sourire, pour un orgasme, pour une pensée, et mon cœur qui s’emballe.

Mais mon cœur n’oublie pas. Depuis la première, la toute Première, il créé une nouvelle place. Et quand elle part, il laisse l’endroit vide, aspirant autour de lui tout ce qu’il peut pour combler, sans succès.

Je pensais qu’on pouvait garder ces places ouvertes. Que les chemins se quittent, mais que la place pouvait rester ouverte, au creux de chacun, pour qu’à un détour on se retrouve au chaud, chez soi. Et qu’un jour, mon cœur serait un immeuble gigantesque, avec une place pour dormir pour chacune qui y aurait un jour trouvé sa place.

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Un dernier moment

2016
04.03

Ca fait un an que je n’ai pas écrit sur vous. Dans quelques jours, vos anniversaires en enfilade, pour me rappeler que vous ne rentrerez jamais dans la dizaine que vous entamiez chacun, ensemble.

Mais pourquoi ce soir, je crois me rappeler enfin la dernière fois où je vous ai vu. C’était l’hiver. Presqu’un an avant. Nous avons mangé ensemble, à Paris, j’ai salué mon père, je crois. Je crois que j’ai serré ma maman dans mes bras. Est-ce qu’elle a encore essayé de me refourguer un ticket de métro ? Impossible de me rappeler. Mais ce dernier regard posé sur elle… Comment aurais-je pu savoir que ce serait le dernier ? Avez-vous monté ensemble les marches ? Vous ai-je regardé retourner à l’hôtel ?

Et je chiale comme un gamin, à 4 heures du matin passé, en pensant à ce dernier moment qui me revient enfin. Je ne sais pas quoi faire de lui. Où le ranger dans ma mémoire pour qu’il arrête de marteler mon crâne devenu sourd au vide dont je l’assomme, pour oublier.

Parce que plus jamais je ne poserais mon regard sur vous. Parce que tout ce qu’il reste de vous est en train de pourrir sous terre depuis plus d’un an, après avoir pourri dans l’eau glacée. Parce que je n’ai jamais pu revoir vos visages. Que la dernière image que j’ai de vous est une photo que je n’ai pas prise.

Tu me disais que je devrais prendre plus de photos de toi. Pour quand tu ne serais plus là. Je regrette que tu ne puisses pas te réjouir d’avoir eu raison, Maman.

Je voudrais, comme tout le monde, qu’on me donne un dernier moment. Pour qu’on se dise ce qui ne sera jamais assez dit. Pour qu’on oublie. Ensemble. Les douleurs que nous nous sommes infligées. Je vous demanderais pardon de ne pas être celui que vous vouliez. De me pardonner : Je ne le serais jamais. D’essayer, si c’est possible, de m’aimer aussi imparfait que je suis. De tenter l’impossible…

Je crois que vous le faisiez.

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